Bonus Streetpédia — Utiliser le SFC à Shadowrun, Sixième Édition

Bonus Streetpédia — Utiliser le SFC à Shadowrun, Sixième Édition

Streetpédia, disponible depuis peu avec Shadowrun, Sixième Édition, est une mine d’or d’inspirations pour écrire ses propres scénarios ou même campagnes. Afin de l’illustrer, voici quelques conseils d’utilisation du Syndrome de Fragmentation Cognitive (SFC), l’un des mystères les plus originaux et riches en opportunités de jeu du Sixième Monde.

Le SFC a été l’intrigue principale de la cinquième édition de Shadowrun. Les suppléments Fragmentation (qui accompagne l’écran), Âmes Volées, Lockdown, et Chrome Flesh (ainsi que Storm Front (SR4) et Dark Terrors en VO) permettent d’explorer les thématiques de cette intrigue. Ainsi, la manière la plus évidente d’exploiter cette riche et complexe histoire est de simplement situer votre campagne en 2075 ! Recommencez depuis cette année et la découverte du SFC pour profiter de toutes les pistes données dans Streetpédia et Âmes Volées ! Vos runners démarreront par une mission qui semble très banale, peut-être une extraction, qui prend un virage improbable alors que l’un de ses personnages (la cible de l’extraction ? leur Johnson ?) change de personnalité ou qu’ils remarquent qu’ils ont à faire au fragment (ou un des fragments) qui le possède(nt) et non à son hôte. Avant qu’ils ne puissent en découvrir plus, une corporation (MCT ou une autre) surgit de nulle part pour leur arracher des mains l’individu en question, les laissant avec justement beaucoup de questions sans réponses !

Quelque temps plus tard, ils tombent sur la piste d’un tueur « Nous sommes libres ». Peut-être même s’agit-il de la victime du SFC qu’on leur a dérobée ? Dans tous les cas, le mystère s’accroît et peut-être qu’au détour d’un run malheureux, les voilà déposés à Boston à temps pour y être enfermés (voir le premier scénario de Lockdown et éventuellement les scénarios Casus Belli : Insurance Claim CB20, Ghost from the Past CB23 et Honneur & fidélité (et dragon !!!) CB29). Sur place, ils auront l’occasion de se rendre dans les tréfonds du MIT&T et de découvrir, enfin, l’origine du mal : les expérimentations de Celedyr sur les IA et ses recherches, catastrophiques, pour sortir Eliohann de son coma ! Et si l’idée d’envoyer vos runners à Boston ne séduit pas votre table, pas de problème. Le projet Vulcain est une vaste conspiration, il y a certainement un site que vous pourrez ajouter à votre cadre de campagne et le transfert des ressources de Boston vers celui-ci après la mise en quarantaine donnera une parfaite opportunité à vos runners de s’y infiltrer.

Enfin, début 2077, la vérité éclate et les monades se révèlent au Sixième Monde… pendant seulement quelques minutes, avant que les mégacorporations ne lancent leur machine à propagande pour effacer leur message de la Matrice au plus vite. Les runners sont maintenant dans une position privilégiée, bien que dangereuse. Les connaissances acquises suite à leurs précédentes aventures en font des agents parfaits pour les deux camps (AAA et monades). Peut-être seront-ils engagés par les uns pour établir un contact avec les autres ? Si leur réputation ne donne pas confiance à Aether pour qu’il les recrute pour sa cause, peut-être que c’est EVO qui les chargera d’assurer la liaison avec les monades ? À moins que Miles Lanier lui-même ait entendu parler de leurs péripéties et les enrôle à ses propres fins ? Et n’oublions pas que pendant ce temps, la course à un remède pour le SFC s’accélère. Shiawase touche au but, Proteus AG se voit déjà premier à l’arrivée et, à leur insu, Celedyr a une longueur d’avance. Les runners pourraient très bien se retrouver déterminants dans l’échec de l’un comme dans le succès de l’autre ! Sans compter qu’évidemment, les runners auront peut-être des proches ou même certains membres de l’équipe désormais infectés. La course à un traitement n’en sera qu’encore plus essentielle (Chrome Flesh, Data Trails).

Mais, malgré tous ces remèdes, en 2080, le SFC existe toujours et il fait encore des victimes. Tout le monde n’a pas accès au traitement, certains sont infectés trop vite, et ne sont pas dépistés à temps. Il y a également beaucoup d’histoires à écrire et d’aventures à vivre autour du SFC au-delà de ce que les autorités corporatistes considèrent être la résolution de la crise.

Déjà, les monades, qui ne forment qu’un sous-ensemble des infectés, ont certes quitté la Terre, mais il y a fort à parier que certains sont restés derrière, soit par choix, soit pour s’assurer que la métahumanité ne décide pas de se retourner contre eux. Et toutes les victimes du SFC ne sont pas des monades… Et celles qui ont pu être soignées sont souvent laissées avec des lacunes dans leurs souvenirs de ces années. Elles souhaiteront peut-être découvrir ce que le fragment qui les possédait a fait pendant ces trous noirs ?

Voici deux synopsis de scénario pour explorer le SFC dans son actualité des années 2080 :

Pour un dernier « Au revoir »…

> C’est plus qu’une légende et j’ai même entendu dire que MCT et ses alliés yakuzas ont trouvé moyen de le monétiser ! À l’aide des nombreux prisonniers technomanciens à sa disposition, MCT retrouve l’empreinte d’un défunt à la demande de sa famille et ses proches. De là, les Yakuzas utilisent la technologie qu’ils ont développée pour le bunraku afin de fabriquer une de leurs fameuses « poupées humaines ». Celle-ci est ensuite utilisée pour offrir une chance aux proches et à la famille d’être réunis, une dernière fois, avec leur bien-aimé…
> Carmody
(extrait de Streetpédia, p.126)

Un oyabun de la cité des runners a perdu son fils lors d’une descente de la police locale dans l’un des bordels bunraku gérés par le gumi. À l’aide de ses contacts chez MCT, il a pu, moyennant finance, retrouver son empreinte dans les royaumes de Résonance et il ne lui reste plus qu’à trouver un hôte sur lequel implanter la personnalité de son fils afin de tenir une cérémonie d’adieu. Bien sûr, les runners, eux, savent juste qu’ils doivent capturer ce jeune professeur des écoles, un homme sans lien avec les Ombres, dont ils ont bien du mal à comprendre ce que leur client veut…

L’extraction ne se déroule pas aussi bien que prévu, car si la sécurité de l’école ou de son appartement ne fait pas le poids, un autre gumi connaît les plans de l’oyabun et a recruté une équipe de runners pour qu’elle interfère. Leur objectif est simple, humilier l’oyabun encore plus et surtout susciter une violente réaction de sa part, qui le poussera à l’erreur par la suite. Une fois la cible entre leurs mains (ou reprise des mains de l’autre équipe), le client leur indique de livrer le jeune homme au même bunraku qui a subi le raid il y a peu. Il va sans dire que le « paquet », s’il est conscient, n’est pas enthousiaste du tout à cette idée et il fera tout pour faire appel à la compassion des runners… Mais ne pas le livrer veut désormais dire s’attirer le courroux d’un oyabun du Yakuza !

Si les runners le livrent, c’est l’oyabun en personne qui les accueille. Il tient à les remercier en personne de lui avoir évité un nouvel affront (bien qu’il ne le dira pas comme ça) et veut apprendre d’eux directement ce qu’ils savent sur les trouble-fête qu’ils ont affrontés. Il étend aussi le contrat des runners à la protection du « simulacre » de son fils jusqu’à la cérémonie le lendemain. Les runners assistent au processus assez horrifiant de « poupée humaine » et se voient remettre le « fils » de l’oyabun pour bonne garde.

Si les runners se préparent à un assaut organisé par l’équipe adverse, ils seront tout de même pris à dépourvu, car c’est surtout le pourtant très obéissant simulacre qui leur file entre les pattes. En effet, le « fils réincarné » n’est pas conscient de son état et il pense qu’il a été capturé par des hommes de son père pour le punir de sa trahison ! Car, en effet, s’il est mort accidentellement pendant le raid, c’est lui qui a donné les informations aux autorités ! Celles-ci l’ayant forcé à devenir un informateur en le faisant chanter car, même en 2080, c’est mal vu dans le Yakuza de partager son lit avec une orke, toute starlet de l’Orxploitation qu’elle soit (voir l’entrée sur l’or’zet, p.78 de Streetpédia).

Laissées pour compte

> Une fraction des monades arrivées sur Mars n’a pas embarqué à bord de l’ECEPI. Elles ont préféré revenir sur Terre et demander un transfert vers la Matrice, mais Aether, le chef de leur mouvement, a refusé. Elles sont donc prisonnières de leurs hôtes et de Mars. Pour pouvoir les libérer, il faudrait amener un groupe de technomanciens compétents sur la planète rouge…
> Iz0bel75
(extrait de Streetpédia, p.124)

Pour libérer ces monades, il faudrait amener un groupe de technomanciens compétents sur Mars. Une mission d’envergure, hors de portée d’une équipe de runners… À moins d’avoir un client qui y met les moyens ! Et c’est le cas, car le M. Johnson tient à récupérer sa fille, une des jeunes et brillantes scientifiques de la base Gagarin dont le corps a été abandonné comme une vieille chaussette par Aether et les siens. Avec un tel sponsor, il n’est pas surprenant qu’un petit groupe de technomanciens qui souhaite porter secours aux monades prisonnières de la planète rouge vienne demander l’aide des runners.

Mais, même avec un budget presque illimité (en tout cas, du point de vue des runners), s’infiltrer dans une mission spatiale n’est pas la moindre des affaires. Il faudra s’assurer de pouvoir prendre le contrôle du vaisseau spatial à son arrivée afin d’effectuer les deux opérations de sauvetage et repartir en direction d’une station spatiale en orbite de la Terre où le M. Johnson peut garantir qu’on recevra, sans ouvrir le feu, ces pirates de l’espace qu’ils seront devenus (voir Run & Gun pour plus d’informations sur les stations en orbites).

Un convoi d’approvisionnement d’AresSpace à destination de la station Charon en orbite de Deimos est en partance et probablement la meilleure chance des runners pour rejoindre la planète rouge. D’autant plus que la mégacorporation a d’autres chats à fouetter et la reconnaissance du site de lancement révèle une sécurité bien amoindrie… Mais, une fois à bord et le vaisseau sous leur contrôle, les runners vont devoir donner le change avec « mission control » sur Terre et s’assurer que l’équipage, dont ils ont cruellement besoin des compétences, ne se retourne pas contre eux. Si les choses se déroulent mal, ils devront même peut-être subir une véritable bataille spatiale et un abordage par un vaisseau du SRS (« Space Rescue Service », service de secours dans l’espace). Cependant, une fois l’assaut repoussé, l’accélération et la distance vont rendre toute interception impossible… Enfin, jusqu’à l’arrivée sur Mars.

Après plusieurs mois (environ 9) de difficile cohabitation avec un équipage qu’ils retiennent en quelques sortes en otage, les runners et leurs alliés technomanciens arrivent en orbite de la planète rouge. S’ils ont passé des mois à s’inquiéter d’action offensive de la base d’Ares en orbite, ils ne découvrent aucune force déployée afin de les arrêter. Voilà qui est plus inquiétant qu’autre chose, n’est-ce pas ? À bord d’une petite navette, ils descendent à la surface et pénètrent la station à l’abandon. Il faut maintenant explorer cette nécropole spatiale afin de retrouver les monades dissidentes et le corps de la fille de leur client… Malheureusement, celui-ci est absent de son cercueil ! Un dissident l’aurait-il réanimé ? D’ailleurs, pourquoi ceux-ci ne répondent pas aux tentatives de communications ? Dans une salle de cantine, les runners découvrent un premier élément de réponse sous la forme d’un massacre. Un commando de choc d’Ares a été envoyé pour explorer (enfin, s’approprier) l’installation d’Evo, mais il a été massacré. Sur le mur, écrit en sang, on peut lire « Nous sommes libres ».

En effet, parmi les dissidents, se trouve l’une des copies de ce célèbre tueur. Il espérait échapper aux conséquences de ses actes, mais Aether et les siens l’ont identifié avant le départ et confiné dans le système matriciel de la station. Ils ont omis, bien sûr, d’en informer les dissidents. Le tueur a réussi à s’échapper dans le corps qu’ils venaient récupérer  (loi de Murphy) et a commencé à assassiner, les unes après les autres, les monades restées en arrière de peur que celles-ci ne tentent de l’enfermer à nouveau. Paniqués, les survivants ont fini par s’isoler complètement dans une section de la station. 

Les runners arrivent peu après le raid d’Ares, le tueur est en train de modifier leur navette afin de pouvoir rejoindre la Terre avec (l’avantage d’être une monade, il peut survivre à un tel voyage improvisé). Les runners doivent donc jouer au chat et à la souris avec un psychopathe sur un terrain où il est maître…

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